Reconversion Professionnelle en Apiculture - 2ème partie

Le financement de votre apiculture            - par Bernard NICOLLET - Abeille & Nature -


Date de révision de la page: 30/07/2016

Cet Article est analysé en 3 grandes parties. Vous êtes ici sur la seconde:

. Quelle mise de fonds faut-il prévoir pour créer une activité apicole ?

J'aurais pu intituler ce chapitre "Combien ça coûte ?" mais il y a tellement d'éléments et d'options possibles que cela ne se résume hélas pas qu'au fait d'aligner des chiffres.
Ce sujet est très délicat car il relève d'un certain nombre de paramètres dont le tout premier consiste à connaitre vos obligations en tant qu'apiculteur. Pour ce qui concerne les autres paramètres, il y a une grosse part de subjectivité de ceux qui en parlent. Certains vous consielleront de partir sur ce qui coûte le moins cher et d'autres (dont je fais partie) vous suggèrerons de démarrer et de bâtir sur la qualité de votre cheptel. Quoi qu'il en soit, je pense être réaliste dans mon chiffrage en tenant compte du fait de ne pas avoir recours à l'importation d'abeilles mais en adoptant une attitude éco-responsable à cet égard. Entendez aussi qu'un certain nombre d'obstacles se dressent devant tout candidat à l'apiculture professionnelle. Pour devenir apiculteur pro, on n'a pas besoin de diplômes ou de cursus scolaire ou universitaire particulier, c'est déjà une bonne chose, bien qu'être en possession d'un Certificat de formation reconnue d' Abeille & Nature soit un atout majeur ! Il faut quand même de nos jours, savoir compter et comprendre que le monde de l'entreprise ne se résume pas en une rentrée d'argent qui vaille bénéfices ou salaire, loin s'en faut (hélas).
Il y a trois voies principales pour d'accéder au milieu pro:

  • A/.Soit vous disposez d'un capital à investir
  • B/.Soit vous ne disposez pas de capital
  • C/.Soit de programmer une montée en puissance sur plusieurs années à votre rythme.

A/ Vous disposez d'un capital: Quel montant ?

Si vous avez gagné le loto pas de problème en revanche si vous devez emprunter sur la totalité, mettez de suite un terme à votre projet, pourquoi ?
Les raisons sont multiples mais tout d'abord, il vous faudra acquérir un cheptel d'au minimum 400 ruches (minimum encore une fois exigé de la MSA, organisme social de l'agriculture). Vous pouvez bien sûr démarrer avec 200 essaims et procéder à N+1 au doublement de vos ruchers; dans ce cas, vous apprendrez en partie la patience mais également les aléas de la maîtrise de l'élevage. Il vous faudra également prévoir la seconde phase de l'investissement à réaliser car il ne suffit pas de multiplier ! Faut-il encore pouvoir disposer du matériel nécessaire et être conscient qu'un essaim de l'année ne produit pas de miel ! Ajoutez à cela une mortalité de 10 à 30%

Pour débuter en apiculture pro, vous devez disposer d'un capital minimum
Investissement obligatoire

A moins de passer commande au moins un an et-demi avant, vous ne trouverez pas un éleveur français capable de répondre à votre demande, à moins qu'il ne s'agisse d'abeilles d'importation (ce qui pourrait bien mettre votre exploitation sur la sellette à N+1 ou N+2 car trop souvent, les reines importées ne passent pas le cap de la seconde année sans avoir reméré. Alors oui bien sûr, vos essaims vous auront coûté bien moins cher mais avec une telle conséquence que tout le travail sera pour vous et le tout chapoté par une bien maigre production pas même rentable.
Vous pouvez éventuellement envisager la reprise d'une entreprise apicole ? Pourquoi pas, mais si vous avez à délocaliser les ruches, vous risquez de les dépayser (vos abeilles n'étant peut-être pas adaptées pour leur nouveaux biotopes) et vous vous exposez dans ce cas à subir de lourdes pertes..

. Quelle quantité de miel ?

Une récente étude gouvernementale, a mis en évidence en mars 2012 que la quantité de miel produite à la ruche est en chute libre sur la dernière decenie. Une ruche en France produit en moyenne 18kg de miel pour un apiculteur amateur contre 23 kg pour un apiculteur professionnel. à suposer que vous ayez 400 ruches en exploitation, cela vous fera donc un tonnage moyen d'une dizaine de tonnes par an (!)
Comme nous allons le voir, à partir de là va se poser le problème de l'écoulement de votre stock. Si vous privilégiez le circuit court (vente directe), vous valoriserez mieux votre production mais cela va tellement vous accaparer de temps pour faire les marchés qu'en saison, vous ne pourrez pas.. d'un autre coté, si vous privilégiez le circuit long (grossistes), votre marge sera réduite mais vous n'aurez pas le souci de la vente.. par conséquent si pour vous, produire 10 T de miel voire plus, vous est suffisant, n'oubliez pas que chiffres d'affaires n'est pas bénéfice !
Prenons un cas concret afin de chiffrer:
Imaginons que vous passiez commande dans le courant 2013 à Abeille et Nature pour 400 essaims. Il vous faudra attendre l'année suivante (fin Mai 2014) pour en recevoir seulement la moitié car je n'ai pas la capacité de produire plus de 200 essaims par saison, ce dont vous étiez parfaitement conscient au moment de votre commande et des différents entretiens que nous aurons eu préalablement.
En 2014, vous aurez pour travail de les élever pour les aider à se développer avant leur premier hivernage. Selon si vous êtes dans le Sud ou le Nord de la France, vous ne pourrez démarrer votre exploitation au plus tôt qu'à partir de mars 2015 pour entrer en exploitation semi-pro et production de miel. Vous ne produirez (rentrées financières) donc rien avant juillet 2015 et croyez moi, ce n'est pas le travail qui vous manquera d'ici là. Si vous souhaitez produire du miel et atteindre votre objectif, vous devrez repasser commande de 200 essaims supplémentaires pour l'année suivante afin d'atteindre le stade pro. Bien sûr, vous pourriez produire vous-même vos essaims mais dans ce cas, votre production de miel sera compromise voire nulle. Vous êtes devant un premier choix à savoir: produire une première récolte de miel ou bien favoriser votre développement en produisant vous-même les 200 essaims manquants (?)
Dans tous les cas, il vous faut envisager la disposition de 12 à 15 emplacements distants au minimum de 6 kilomètres les uns des autres à condition d'avoir étudié préalablement le biotope. Si celui-ci est pauvre, vous allez devoir compenser par des kilomètres voire envisager de faire de la transhumance. Une technique d'exploitation en marguerite s'impose afin de limiter les coûts de déplacement et le temps perdu dans vos rotations de visites.
Le coût d'acquisition de 400 essaims de base avoisinerait les 100 000 euros (nous partons ici sur des essaims souches produits à l'ancienne afin d'établir une base solide pour votre exploitation. Bien évidemment, si, encore une fois vous misez sur des essaims d'importation, il vous en coûtera 2 à 3 fois moins mais.. Généralement très peu de fournisseurs seront capables de vous livrer une telle quantité, le risque est trop grand car trop souvent, il s'agit d'essaims importés d'Espagne ou de Grèce, d'Italie, de Roumanie ou de Bulgarie mais la quantité et surtout la qualité n'est jamais au rendez-vous (ou si peu souvent). Le jeu en vaut-il la chandelle car, il est connu dans le métier que les importateurs ne tiennent pas leurs promesses de livraisons et invoquent toujours des problèmes météo ou d'abandon du fournisseur pour se défausser de leurs responsabilités. Bon c'est vrai, je l'accorde 2012 a tellement été pluvieux que la plupart des essaims en commande chez les importateurs n'ont pu être livrés. Je vous laisse imaginer votre désarroi si vous étiez en situation de commande pour démarrer votre activité pro ! Vous auriez été obligé d'acheter du tout venant.. ou bien de reporter votre démarrage l'année suivante.

second problème d'investissement à résoudre:
Les essaims étant livrés en ruchettes d'exploitation, il vous faut investir dans les ruches. Ce budget représente à lui-seul environ 60 000 euros (pour avoir des ruches correctes, de bonne prestation et surtout complètes car bien sûr on peut trouver des ruches en prix d'appel chez les marchands mais entre faire de l'apiculture, un simple loisir familial et une apiculture pro, il faut pouvoir compter sur le matos, nous ne sommes plus dans le bricolage du dimanche ! Voici les coordonnées d'un fabricant français de ruches en bois du Vercors, chez qui vous trouverez un rapport Qualité/Prix vraiment intéressant. Ce fabricant travaille en direct avec les apiculteurs.
Le budget cadres (corps et hausses + partitions):  à la louche: 10000 euros
Maintenant, il faudra également investir dans une miellerie même si cet investissement peut être envisagé et réalisé quand vous commencerez à produire à N+1 ou N+2 : 30 à 40 000 euros selon la qualité + les engins type transporteurs avec grue de levage pour travailler seul..
Investissement d'un 4x4 ou petit camion avec sa remorque et engin de levage: 50 000 euros (TTC avec les intérêts d'emprunts qu'il faut hélas bien inclure). Bien sûr on peut trouver moins cher, et pourquoi pas de l'occasion ? Mais là encore, il ne faut pas regarder que le prix d'achat vendeur mais ce que vous allez devoir payer au final, intérêts compris.
Montant total de l'investissement + l'aménagement des emplacements:  environ 200 000 euros
Même si mes chiffres sont discutables, le schéma est réaliste, croyez-en ce que vous voudrez ! Si vous pensez faire mieux avec moins, j'en serai le premier heureux pour vous, mais si c'est pour essuyer des galères dès la première année, alors la passion s'arrêtera vite.. "Adieu veaux, vaches, cochons, couvées... disait le réaliste" .
Si vous parcourez les forums d'internet, vous pourrez lire que mes chiffres sont faux. Bien entendu, je chiffre ici une entreprise et non pas un hyppie des années 68 qui se contente de son joint du soir, de sa vieille R4 et de son extracteur réalisé lui-même avec une vieille essoreuse de lave-linge.. chacun verra midi à sa porte.. ici, je parle du montage d'une entreprise qui vous permettra de vivre de votre exploitation, vous l'aurez bien compris, je l'espère pour vous.

Cette parenthèse étant faite, poursuivons et imaginons toujours que vous disposiez d'un tel capital ou que votre banquier vous accorde sa bénédiction..
Il va vous manquer l'indispensable: La connaissance et l'expérience ! Ce n'est pas parce que vous avez les moyens d'investir que vous allez réussir en apiculture. Même si vous avez déjà une ruche ou deux ou trente depuis quelques années, cela n'a plus rien à voir avec les impératifs de l'apiculture professionnelle.
Par conséquent, il est impératif de vous faire assister au moins pendant la saison, ce qui va vous coûter salaire + charges sociales. Nous sommes donc sur un investissement global de 200 à 250 000 euros et vous n'avez pas encore gagné le moindre centime.
Je poursuis donc dans le cas où vous seriez un mécène fortuné et que cet investissement ne soit pas pour vous un obstacle, ce qui arrive, si si, j'en ai la preuve...
à N+1, si vous avez été conseillé correctement, vous devriez engranger une récolte de 12 tonnes de miel (il faudra compter les frais d'exploitation pour y parvenir), à 6 euros du Kg si votre miel est d'excellente qualité, vous réalisez un CA de 72.000 euros. S'il s'agit d'un miel issu de cultures, le prix moyen au kilo vrac se situera entre 4.00 et 5 euros donc votre CA se limitera à 50 000. Pourquoi si peu ? Je parle ici d'une revente par un réseau de grossistes, car bien évidemment, si vous décidez de le vendre en direct, vous serez bien au-delà, disons sur la base de 10€ du kilo, mais avec l'obligation de faire au moins 2 ou 3 marchés par semaine, vendre en direct à la maison avec toutes les contraintes que cela impose. Or si vendre une à 5 tonnes de miel par an de la sorte est assez "facile", il faudra écouler le surplus qui, à mon avis, sans passer par le réseau des grossistes me paraît totalement irréalisable, "faut pas rêver".

La première année, vos abeilles auront à construire les cadres, par conséquent, votre récolte de miel sera amputée à cause d'un manque de temps (la saison apicole en France étant relativement courte) mais aussi parce qu'elles ont besoin de miel ou de sucre pour produire la cire des cadres. Ce n'est donc qu'à N+4 que votre production passerait dans le meilleur des cas à une quinzaine de tonnes. Mais là, vous allez avoir un autre problème: celui du remplacement des reines entre N+3 et N+4 (nous y reviendrons).
Sans catastrophe liées aux aléas des maladies ou de la météo ou bien encore des pesticides, il vous faudra au minimum 5 ans (6 ans me semble plus raisonnable) pour parvenir à l'équilibre financier.
Par conséquent, avec 400 ruches, vous ne pouvez pas vous en sortir; il faudra très vite passer à 600 ou 700 unités.. [pour établir une petite comparaison, vous êtes-vous demandé pourquoi les agriculteurs vous semblent stupides au point d'avoir toujours besoin d'engins plus gros que leur ventre et qu'ensuite, endettés jusqu'au cou, ils doivent vivre perfusés de subventions européennes ?]
Si vous ne disposez pas du capital de base, ne rêvez pas! Aucune banque ne sera assez folle pour prendre un tel risque de financement à moins de présenter de solides garanties.
La plupart des apiculteurs professionnels qui parviennent à s'en sortir, le peuvent car ils sont montés à la force du poignet sur de nombreuses années. Oh c'est sûr.. ils ne vous parleront jamais de leurs longues années de galères, mais plutôt de l'année exceptionnelle qui leur a fait produire tant de tonnes de miel... Ou bien il y a ceux qui s'en sortent ou s'en sont sortis parce qu'ils ont repris et continué l'exploitation des parents.. Mais vous:est-ce votre cas ?
Ne soyez pas leurrés par les discours d'anonymes des forums internet. C'est facile sous couvert d'anonymat d'induire de nombreuses personnes crédules en erreur puisque d'après eux "yaka". Pour ma part, je m'en tiens ici à un souci d'investissements avec une rentabilisation à la clé, et non pas des chiffres sous-évalués qui vous laissent à penser que c'est possible avec les poches vides et qui vous enverront dans le mur. Quand on entre dans le monde de l'entreprise, on ne gère plus ses ruches comme un simple particulier qui en possède une dizaine ou une vingtaine. Encore une fois, il ne faut pas confondre chiffre d'affaires et bénéfices ou salaire ou encore de considérer les quelques kilos de miel passés à la trappe et payés en espèces !

B/. Si vous ne disposez pas d'un capital suffisant:

Alors je vous conseille de programmer votre investissement sur 5 ou 6 ans en amateur d'abord puis en semi-pro et enfin en pro, ce que nous allons étudier un peu plus loin. Il ne faut pas se leurrer. Investir en apiculture, c'est investir sur le long terme, or de nos jours, c'est tout l'inverse qui se profile car on cherche la super rentabilité immédiate.

. Combien gagne un apiculteur ?

A question simple, réponse simple : tout dépend de votre marché, de votre investissement de base, du nombre de ruches que vous êtes réellement capable de conduire sachant encore une fois, qu'il faut officiellement avoir un minimum de 400 ruches pour parvenir à vous sortir un salaire tout juste et à peine supérieur à celui d'un smicard en ayant payé toutes vos charges, TVA et impôts sans oublier vos fournisseurs. De plus, comme il en est de même dans les métiers de l'agriculture, vous devez être prêt à ne pas compter vos heures, surtout en saison où le travail commence dès le lever du jour (et non pas du soleil) pour se terminer à la nuit tombante, auquel il faut ajouter le temps de rentrer si les ruchers sont situés à distance.
Or, Disposer d'un cheptel de 400 ruches n'est pas une mince affaire comme nous venons de le voir ! D'une part, il y a la phase incontournable des investissements en matériels et cheptel, d'autre part, une fois l'investissement réalisé, il ne suffit pas de poser les ruches quelque part et de laisser faire jusqu'à la récolte. Les colonies ont besoin de soins, d'être surveillées, bichonnées et disposées de manière à avoir suffisamment de nourriture toute l'année. Ce ne sont pas les quelques arbres plantés dans vos vergers ou ceux des voisins qui nourriront vos abeilles.. il faut de l'espace et de bons biotopes. De plus, 400 ruches, cela signifie au minimum 10 à 12 bons emplacements sédentaires, c'est à dire, capables de fournir de quoi manger aux abeilles toute l'année, à moins que vous n'optiez pour la transhumance.
En apiculture professionnelle, quand on possède 400 unités, il faut du temps pour s'occuper de son cheptel. Or avec une telle quantité de ruches, vous ne pourrez pas faire des visites régulières du couvain de chacune d'entre elle à moins de faire des visites "à l'arrache" et à toute vitesse. Conduire 400 ruches pour moi: c'est impossible et inconcevable quand on est seul si l'on veut respecter ses abeilles ! il faut obligatoirement l'aide d'un conjoint ou des enfants, voire, avoir recours à de la main-d'œuvre passagère (ce qui va plomber le coût et la rentabilité de l'exploitation). La saison apicole dure 6 mois tout au plus (selon les régions). Or, entre conduire les ruches, procéder au changement de vos propres reines, de vos propres essaims, conduire les transhumances, croyez-moi, il ne vous restera guère de temps pour dormir et ne comptez pas sur les week-end pour vous détendre et vous reposer ! En apiculture pro, on ne connait pas ce mot en dehors des mois de novembre ou décembre.
Essayons si vous le voulez bien de dresser un schéma financier:

Le Salaire d'un apiculteur:

Pour pouvoir se payer un salaire il faut inclure les charges sociales soit en gros et à la louche 40% en plus de ce que vous percevrez. Si vous comptez sur la vente au noir, c'est de l'argent qui ne rentrera pas dans l'entreprise et qui lui fera défaut tôt ou tard. Si vous visez cela, sachez que c'est du très court terme avant de mettre la clé sous la porte. D'autre part, quand vous rencontrerez votre banquier pour financer qui, l'investissement de la miellerie, qui, l'achat de ruches neuves, qui le remplacement de votre véhicule etc., ne vous étonnez pas s'il vous envoie sur les roses car votre bilan n'est pas sécurisant !
Si donc par exemple vous souhaitez 1500 euros de salaire, il faudra que votre exploitation soit capable de dégager environ 2100 euros de marge par mois. Vous me direz que cela ne représente jamais que 200 pots de miel à vendre. Oui mais une exploitation (et ses frais) ne se résument pas au salaire. Il faut ajouter à cela les investissements du matériel roulant, des ruches, des essaims, du matériel de miellerie etc.. etc.. Bref, les frais d'exploitation et les remboursements de crédits.

Ne comptez pas vous enrichir en apiculture
Vous enrichir en apiculture ? Oubliez !

Un apiculteur débutant en milieu professionnel est lourdement désavantagé par rapport à l'apiculteur professionnel en place depuis 15, 20 ou 30 ans. Pourquoi ?
- L'aspirant pro doit rechercher des emplacements pour faire butiner ses abeilles. Il va donc générer beaucoup de frais de déplacements pour se rendre sur place afin d'évaluer les biotopes locaux.
- Pour extraire 10 à 15 tonnes et plus de miel, il faut impérativement une miellerie équipée d'un bon matériel et non pas d'un simple extracteur. Il faut par conséquent investir dans une miellerie. Son amortissement se fera sur 5 ans ou plus.. Pendant 5 années, il faudra rembourser l'emprunt (entre 800 et 1500 euros/mois selon la durée de l'emprunt et de l'investissement.
- Le transport et le déplacement des ruches imposent l'achat d'un véhicule puissant (type 4x4) ou petit camion avec sa grue de levage, une remorque d'un PTAC de 3.5T soit un PTCRA de 5.5 T (Permis remorque obligatoire - soit 750 à 1000 euros par mois)
- L'achat de 400 ruches soit un investissement de 60 000 euros soit un remboursement de 1000 à 1300 euros/mois
- Devoir posséder 400 colonies d'abeilles ! L'investissement est colossal si on veut le réaliser sur une année. il faut compter au minimum 60 à 80 000 euros.
Là mon conseil est de ne pas emprunter sur le vivant à cause du problème de mortalité possible. Si tout le matériel en effet peut se revendre assez facilement sans décote sévère, en revanche quand on perd son cheptel, c'est foutu car même avec une aide à la re-cheptelisation, ce seront 2 années de perdues pendant lesquelles il faudra rembourser les emprunts. Or, ces aides, quand on y a droit, ne sont versées que seulement l'année suivante (et encore !), par conséquent, c'est souvent la clé sous la porte qui se profile d'entrée à court terme.

Au total par mois, l'aspirant pro va devoir rembourser mensuellement entre 3000 et 4000 euros plus son salaire et ses charges sociales. A cela viennent s'ajouter les frais de gas-oil, de déplacements, et de fonctionnement ajoutez une moyenne de 1500 euros. Le chiffre d'affaires minimum à réaliser s'élève environ à :  7600 à 8000 euros /mois soit vendre une quantité journalière de 30 pots de miel par jour, tous les jours pendant 5 ans ! Et là, c'est le chien qui se mord la queue car pendant que vous ferez les marchés et votre prospection, vous ne serez pas dans vos ruchers. Par conséquent, vous allez devoir envisager de vendre votre production par le réseau des grossistes. Or, qui dit Grossistes, dit prix de vente divisé par deux par rapport à la vente directe autrement dit, il vous faudra produire au moins 20 à 30 tonnes de miel pour vous en sortir. C'est là précisément que la boucle est bouclée car 20 tonnes avec 400 ruches, c'est 50Kg de miel par ruche en moyenne. Pour obtenir celle-ci, il vous faudra de très bons emplacements de butinage ce qui est quasi impossible en ruchers sédentaires mais seulement atteignable en transhumances. Si l'étude dont j'ai parlé plus haut indique une moyenne de 23Kg par ruche en moyenne, ferez-vous mieux qu'une moyenne nationale sur vos 400 ruches ? C'est tout le bien que je vous souhaite sincèrement mais votre apiculture ne doit pas s'établir sur des années de vaches grasses.. il faut hélas subir (souvent) des années de vaches maigres (2012 en a fait partie tout comme 2013 et 2014).
Comparativement à l'apiculteur Pro déjà en place, celui-ci n'a pas besoin d'un tel chiffre d'affaires car son matériel est déjà amorti et compte tenu qu'il s'agit d'un matériel qui ne se renouvelle que tous les 20 ans si ce n'est plus, il peut se permettre pour un même CA, un salaire un peu plus décent ou bien un chiffre bien moindre.
Vous comprenez peut-être un peu mieux pourquoi, avant de devenir pro, vous avez intérêt à maîtriser le sujet d'une part mais, d'autre part, à monter progressivement en puissance !
Les abeilles ne se conduisent pas toutes seules et ceux qui ont fait l'impasse sur cette vérité l'on payé très cher la 3ème année si ce n'est avant.
En effet, au démarrage, le travail des ruches n'est pas trop demandeur et mangeur de temps, mais quand les colonies arrivent à 2 saisons complètes, il y a le remplacement des reines à prévoir, remplacer les colonies qui se sont éteintes naturellement, traiter contre le varroa, prévoir le nourrissement automnal etc.. etc.. là, ceux qui ont un poil dans la main ne pourront pas s'en sortir.

Depuis que j'ai rédigé cette page, j'ai reçu au moins 4 témoignages me disant que je n'avais pas tord et dont l'un d'entre eux, le plus poignant, avous qu'il avait bien rit de mon propos dont il mesure toute l'importance maintenant.

. La rentabilité en apiculture professionnelle

L'apiculture pro est-elle rentable ? Oui et non.. tout dépend de 4 éléments:

  • - de l'investissement de base,
  • - de la compétence de l'apiculteur et sa maîtrise de l'élevage,
  • - de la qualité du cheptel de base
  • - de la qualité des emplacements

Et oui hélas, on se doit de parler de rentabilité en apiculture car on ne peut pas vivre que d'amour des abeilles et d'eau fraîche. Il ne faut pas adopter la politique de l'autruche mais bien calculer avant de se lancer.
La rentabilité en Apiculture peut peut être plus facilement atteinte dans le circuit court que dans le circuit long (Circuit court = vente directe au consommateur, tout circuit de distribution qui fait intervenir un minimum d'intermédiaires. Circuit long = vente aux grossistes, importateurs, réseaux de distribution etc..).
Cependant, comme nous venons de le voir, les investissements de base doivent répondre présents ! Pour envisager sérieusement de dégager un revenu minimal en apiculture, il faut, nous l'avons vu, démarrer au minimum avec 400 ruches, même si vous décidez de démarrer plus petit et patientez quelques années. Le problème réside surtout dans la capacité de trouver une telle quantité de colonies ou d'essaims si l'on souhaite démarrer sans traîner sur une exploitation saine. Or, le mot vitesse est un mot qu'il faut bannir quand on veut respecter l'abeille et son cycle biologique et ne pas aller au-devant d'ennuis sérieux. La rentabilité passe obligatoirement par la formation ou une expérience solide de l'élevage d'abeilles et de reines. Sans cette maîtrise, c'est un "droit dans le mur" assuré avec toutes ses conséquences !

Par conséquent, il est certainement plus que raisonnable de prévoir une montée en puissance sur plusieurs années en partant avec un cheptel de 200 essaims déjà en ruches + 250 à 300 ruches (vides) pour N+1 (qui accueilleront les essaims de l'année suivante), l'ensemble du matériel de miellerie,  et enfin du matériel roulant. La première année étant uniquement consacrée à l'élevage des essaims, il n'y aura aucune rentrée d'argent voir très peu si vous bénéficiez de bonnes miellées (mais seulement "si"). La seconde année, on multipliera le cheptel par 2 avec les premières rentrées financières qui permettront de couvrir 1/2 Smig si tout va bien. A la fin de la 3ème année, on devrait atteindre l'équilibre financier à condition de ne pas connaître au cours des trois premières années, une année cata du point de vue météo comme tel a été le cas en 2012.
La 3ème année est donc le pivot de la réussite ou de l'échec car l'entreprise est sur le fil du rasoir. L'apiculteur va devoir équilibrer en effet, sa production de miel mais aussi prévoir le remplacement des reines du cheptel qui arriveront déjà en fin de parcours. En misant sur un tel renouvellement sans incident, le cheptel devrait atteindre les 500 colonies en fin de 3ème année. En partant sur une production moyenne de 20 Kg net de miel par colonie sur 400 exploitables (à moins d'avoir des emplacements exceptionnels), vous devriez produire 8 à 10 tonnes de miel. La 4ème année sera la seconde année charnière car il vous faudra obligatoirement et impérativement doubler votre production pour atteindre les 20 tonnes.
Là se pose sérieusement le problème de la distribution de votre production car le circuit court va devenir problématique pour une telle quantité comme j'en ai évoqué quelques lignes un peu plus haut. Vous allez donc avoir obligatoirement recours aux coopératives apicoles et grossistes mais qui pratiqueront eux, un prix d'achat bien inférieur.
Encore une fois, de nos jours et pour avoir des chances de réussir avec une montée en puissance à court terme, il faut prévoir un investissement minimum de 200 000 euros. En dessous, je conseille vivement une montée en puissance plus longue sur 5 ou 6 ans. Si vous êtes toujours bien accroché(e), alors pourquoi pas ?

. Amateur ou Professionnel de l'Apiculture ?

En France, entre faire de l'apiculture en amateur et en faire son métier, il y a un très large fossé. Le système fiscal et social français du reste, avantage grandement les * "exploitations amateurs" dont les charges sont quasiment inexistantes si ce n'est qu'une cotisation solidaire forfaitaire à la MSA et une simple déclaration de revenus complémentaires sur votre feuille d'impôts annuelle. Un amateur peut ainsi exercer avec un cheptel portant jusqu'à 199 ruches sans payer de charges sociales alors que si vous optez pour une apiculture pro, vous serez plombé par les charges, même en optant pour un régime fiscal au forfait, c'est un choix. Ceci étant, il semblerait que depuis le Grenelle de l'environnement, les choses commencent enfin à bouger un peu dans la règlementation, bien que ce soit encore une pagaille qui risque de décourager l'apiculture de loisir basique (moins de 10 ruches) à cause de démarches un peu contraignantes. D'un autre coté, en favorisant l'apiculture amateur (entre 40 et 199 ruches), on désavantage l'apiculture pro qui a du mal à joindre les deux bouts et qui est obligée de faire appel aux aides. Ce que je trouve aberrant, c'est que l'apiculture amateur peut elle aussi bénéficier de ces aides: comment voulez-vous vous en sortir avec un statut pro alors que le statut amateur est vraiment plus cool surtout si vous avez un job à temps partiel à coté (donc une couverture sociale assurée..) il vous suffit dans ce contexte d'obtenir un numéro de Siret pour vous, un autre au nom de votre conjoint et le tour est joué.. vous pouvez monter jusqu'à 398 ruches (!) en ayant déclaré seulement un forfait d'imposition sur le revenu à la ruche et deux cotisations solidaires à la MSA, ce qui vous donnera le droit de vendre votre production,  en toute légalité sans la contrainte des charges sociales et impôts que paye une société ou activité apicole pro.

Apiculture: quel statut ? amateur ou Pro
Apiculture: Vers quel statut ?

Pour l'apiculteur professionnel, il lui faut à ce jour un minimum de 400 ruches pour arriver à boucler un budget "raz les pâquerettes". Au-dessus, il faudra envisager d'embaucher.. mais compte tenu des charges supplémentaires que cela apporte, c'est difficilement envisageable.. L'apiculture professionnelle n'est envisageable que dans le cadre d'exploitation familiale à moins que vous ne comptiez sur le salaire de votre conjoint pour assurer ou bien que vous disposiez d'économies substantielles. Si vous comptez vous en sortir seul(e), vous serez contraint d'investir lourdement, comme nous venons de le voir, dans le matériel pour compenser en partie la main d'œuvre. Il vous faudra très vite acquérir votre permis remorque, un 4x4 puissant ou un camion, un engin de levage et chargement (type grue) sans compter le matériel de la miellerie qui à lui seul représente un véritable et lourd investissement.. Si les investissements peuvent passer en charges d'exploitation, il n'en est pas de même en apiculture amateur où il n'est pas possible de déduire quoi que ce soit donc en général, le matériel de miellerie se résume à un bon extracteur et de l'huile de coude. Si cette impasse reste possible les toutes premières années de votre exploitation professionnelle, vous verrez que très vite, vous devrez vous résoudre à investir.
L'apiculture professionnelle s'inscrit dans un projet sur le long terme. Devenir apiculteur pro exclue d'office les décisions sur simple coup de tête. On ne devient pas professionnel de l'apiculture sur un simple claquement de doigts même quand on en a les moyens financiers. Cela ne peut se faire qu'à la force du poignet, de patience et surtout d'un élevage réussi qui monte en puissance année après année.

Devenir Professionnel de l'Apiculture:

Quelle est généralement la motivation première des personnes qui envisagent une reconversion professionnelle en apiculture ? Bon c'est entendu.. vous avez envie de changer de vie et faire un retour aux sources n'est-ce pas ? Pour certains, c'est une sorte d'appel de la nature.. Les reportages TV ont un peu trop tendance à montrer le coté facile de l'apiculture.. Pensez donc ! on met des ruches sur les toits de Paris.. et hop.. on fait du miel avec un label !. Mais a-t-on parlé des difficultés d'exploitation et de rentabilité ?
Effet de mode ? Je le pense et ce qui me donnera raison, c'est de constater justement qu'on cherche aujourd'hui des apiculteurs pour gérer les nombreuses ruches qui fleurissent sur les toit parisiens. Mais un pro ne peut pas s'en sortir financièrement (à part peut-être un ou deux et encore..) pourquoi ?
Avant chaque montée d'escalier (même avec ascenceur), il faut trouver de la place pour se garer puis, il faut monter tout le barda, s'équiper, plus le temps de travail.. guère rentable tout cela (bien que cela reste faisable). Et oui, nous voilà encore confrontés à un problème de rentabilité. Donc pour moi, envisager de s'occuper de ruches en ville, sur les toits, relève d'avantage de l'apiculture de loisir plutôt que professionnelle à moins de vendre le miel au prix de l'or.

Rentabilité et existence durable en apiculture ?

Quand on observe ce qui se passe dans le monde de l'apiculture à l'échelle de la planète, on ne peut être que perplexe quand au devenir de l'apiculture en France et les pays à fort coût de main d'oeuvre. Avec la crise économique qui a plongé bon nombre de foyers dans le rouge, qui peut se permettre de consommer du miel en payant le prix fort ?
La grande distribution fait la part belle aux importateurs de miel qui grâce au manque de clarté de l'étiquetage trompent souvent le consommateur. Comment un apiculteur Français peut-il vendre un kilo de miel à moins de 10 euros en ayant payé ses charges, ses fournisseurs, en s'étant versé un salaire de misère sans oublier d'avoir mis du gas-oil tout au long de la saison pour faire vivre son exploitation?

Dans les pays à faibles revenus, les apiculteurs parviennent à gagner leur vie en s'unissant en coopératives. L'exemple des Apiculteurs argentins et tawainais sont riches d'enseignements. Bien sûr ce sont les exportateurs de ces pays qui pour l'instant "se gavent" en ne faisant que du business sur leur dos, mais quand on regarde justement ces petites coopératives qui grâce à l'internet parviennent à trouver des marchés en direct, on ne peut que se réjouir de voir qu'ils parviennent à s'en sortir.
Malheureusement pas l'apiculteur de pays dits "riches" qui ne peut pas lutter contre ces importations qui plus est sont parfois présentées en "commerce équitable". Ce qui est équitable d'un coté devient galère de l'autre et la balance n'est pas à l'équilibre.
Alors quelle solution pour nous, apiculteurs défavorisés par ces déséquilibres à part trouver quelques niches bien trop maigres pour faire vivre une filière entière ?

Un petit résumé:

Devenir Apiculteur Professionnel peut à l'inverse être issue d'un calcul basic des personnes qui possèdent déjà une petite dizaine ou vingtaine de ruches et qui, ayant réussi à produire un peu de miel, multiplient dans leur tête le nombre de ruches. Elles obtiennent donc un résultat de kilos produits et en déduisent in fine un certain chiffre d'affaires.. qui logiquement devrait leur permettre de s'en sortir.  Quoi de plus simple et évident me direz-vous ?
Malheureusement, il n'en est jamais comme cela sinon cela se saurait.. (souvenez-vous de la fable de La Fontaine "Perrette et le pot au lait"). Il faut bien hélas convenir que si vendre une quantité de 500 kg de miel en amateur est chose très facile, vendre plusieurs tonnes est un autre enjeu car cela oblige l'apiculteur à entrer dans un certain type de circuit de distribution pour vendre sa production auprès de grossistes et autres acheteurs de grosses quantités de miel (GMS). Le prix de vente au kg n'a donc plus rien à voir avec celui que l'on paye sur un marché à l'apiculteur local et se retrouve au minimum divisé par deux, trois et parfois plus. Or, pour assurer du volume, il faut un minimum d'investissements, et très certainement prévoir l'embauche d'un salarié au minimum saisonnier: ce qui augmente et plombe considérablement le coût de l'exploitation comme je l'ai déjà fait remarqué un peu plus haut. Il va falloir envisager de faire de la transhumance et trouver des zones protégées de l'agriculture tueuse d'abeilles. Or ce n'est pas avec votre bonne vieille R4 ou Express que vous pourrez envisager sérieusement de vous y mettre. Qui dit transhumance ou déplacements temporaires de ruchers pour s'installer sur des cultures productrices, doit penser aux matériels et véhicules adéquats (donc des investissements coûteux et rentables uniquement sur le long terme). On peut toujours se rabattre sur de l'occasion certes, mais il faut pouvoir compter dessus. D'autre part, les réinvestissements pour le remplacement ou les lourdes réparations vont également plomber la rentabilité sans penser aux conséquences d'une immobilisation en pleine saison (et oui hélas, pour vivre de l'apiculture, il est impératif de parler de rentabilité encore une fois).

Vendre son miel sur les marchés
Vente Directe ou Vente par grossistes ?

Enfin, il faut tenir compte du fait que certaines années sont bonnes et d'autres moins bonnes quand il ne s'agit pas de conditions plutôt catastrophiques liées à la météo ou aux pertes liées aux pesticides sur les cultures. N'oubliez jamais en effet qu'une année peut-être dite de vaches grasses mais vous pouvez aussi avoir plusieurs années de vaches maigres.. (Il faut avoir un cœur solidement accroché à la passion). L'apiculture ne produit plus autant que ce qu'elle a produit voici une trentaine d'années. Il faut donc, non pas seulement une super dose de motivation, mais il faut encore une fois de solides investissements sur le long terme. Et si l'on passe par le crédit.. il faudra rembourser.
Il est possible de penser qu'on n'a pas besoin d'autant de ruches pour s'en sortir ou bien que l'on se contentera de ruches d'occasion. C'est vrai dans l'ensemble mais en-dessous de 400 unités, il faut avoir une "niche". Par exemple, produire un miel de très haute qualité qui n'entrera pas en concurrence avec un miel de grandes surfaces, produire de la gelée royale (ce qui impliquera obligatoirement plusieurs années avant d'y parvenir), produire des produits de la ruche: propolis, cire, pollen, essaims etc.. ce sont bien des petits plus qui vous aideront à boucler vos fins de mois à condition d'avoir des débouchés.
Si la première grande question concerne les investissements, la seconde grande question va concerner votre circuit de distribution. Si vous envisagez la vente directe, vous aurez certes une meilleure marge mais vous allez passer votre temps à cela et quand vous serez présent sur  les marchés, foires et salons, vous ne serez pas dans vos ruchers pour vous occuper de vos abeilles. Quand vous vendrez votre miel à 13 euros le kilo et que l'apiculteur local amateur vendra le sien à 8,5 voire 9 euros ou carrément moins car il n'est pas plombé par les charges sociales et autres, votre miel risque fort de vous rester sur les bras et vous serez contraint d'accepter la loi des grossistes et importateurs. Pour mon avis, ce n'est pas gagné d'avance sans une solide réflexion !
En tout dernier point, je souhaite vous parler "trésorerie". L'apiculture n'est pas un métier qui produit un salaire mensuel. On travaille plutôt par Campagnes saisonnières où le miel se vend généralement d' Aout à Février. Ensuite, vous entrez dans votre saison "travail" et il faut tenir bon jusqu'à la mise en vente de la future récolte autrement dit, vous ne rentrez pas d'argent pendant 6 mois de l'année. Savoir être économe et bon gestionnaire est aussi une qualité requise de l'apiculteur professionnel.

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