Le Faux bourdon cet inconnu

Le faux bourdon cet inconnu: son utilité      - par Bernard NICOLLET, Abeille & Nature -


Date de révision de la page: 02/09/2016

. Le rôle du mâle, le faux bourdon, dans la colonie d'abeilles

Combien de faux-bourdons dans votre ruche ?
1 Faux bourdon pour combien d'abeilles ?. ©Photo C.NICOLLET

Le mâle ou faux bourdon ne serait-il qu'un pestiféré au sein de la colonie d'abeilles ? N'est-ce qu'une bébête vectrice du développement du varroa ? Si l'homme porte un tel jugement, qu'en est-il réellement dans la nature ? Quel est son rôle ?
Avec une étude conduite sur 4 ans, la réalité révèle des choses insoupçonnées dont tout apiculteur tirerait un large profit. Oui mais voilà.. depuis des années on nous enseigne que le mâle ne sert qu'à féconder une jeune reine, le reste du temps, il ne fait que gueuletonner.. mais d'où vient cet enseignement ? L'avez-vous vérifié ? C'est personnellement ce que je m'efforce de faire quand des éléments ne me semblent pas trop naturels.
J'aime la nature, la manière dont elle a été conçue et le rôle que nous avons à jouer pour en prendre soin...


. Cessez de croire tout ce qui se colporte depuis plus d'un siècle..

La connaissance sur les abeilles a bien changé depuis l'abbé Delépine et l'abbé Sagot ! Si la connaissance était il y a plus d'un siècle, l'appanage du clergé, l'apiculture est passée par plusieurs phases dont l'importance a été mise en évidence au cours de la seconde guerre mondiale. J'aurai pu dire .. "depuis Napoléon" car les propriétés du miel étaient déjà reconnues en chirurgie puisqu'on l'appliquait pour panser les plaies ou les amputations. Dans sa grande caravane de soldats et d'infirmiers, l'histoire relate que chevaux et ânes transportaient des tonneaux de miel.
C'est vers la fin du 19ème siècle que la vulgarisation de l'apiculture a vraiment débuté et déjà à cette époque, on prêtait au faux-bourdon (le mâle chez les abeilles), un rôle exclusivement réservé à la fécondation de jeunes reines et c'est pour cela qu'il était recommandé à l'époque, de supprimer les mâles avant qu'ils ne soient nés afin qu'ils ne consomment pas le miel inutilement. Cette idée, largement répandue et qui mettait déjà l'accent sur le gain de productivité en miel, a voulu que dans les années 1980, avec l'avènement du varroa, on prête au mâle tous les maux du siècle en ajoutant à la consommation du miel, le fait de le désigner comme responsable de l'infestation des colonies par le varroa.
Enfin, il est à noter que depuis la création des feuilles de cires gaufrées introduites dans les cadres mobiles, on ne note plus qu'une quasi totale présence de cellules à femelles ce qui débarrassait l'apiculteur de cette corvée de destruction des cellules mâles.

Mais alors.. pourquoi la nature a-t-elle prévu que les reines éprouvent le besoin de pondre des œufs mâles si le mâle n'a pas d'autre rôle à jouer que celui de féconder une éventuelle jeune reine qui passerait par là ou que notre jeune pépère aurait senti de loin les phéromones d'une reine en besoin de fécondation?
Ce sujet m'a fortement préoccupé au point d'étudier la question d'un peu plus près sur plusieurs années et voir s'il n'y avait pas une ressource cachée, méconnue du plus grand nombre. C'est ce que je vous propose de découvrir sur cette page.

. Le cycle biologique du mâle dit Faux-Bourdon

S'il est une chose indispensable à connaître à propos de la colonie d'abeilles, c'est bien le cycle biologique du mâle au sein de la ruche. Pourquoi ?
Pour tout apiculteur qui cherche à produire des reines ou des essaims, l'ignorance du cycle biologique du faux-bourdon conduira à un échec quasi total, à moins d'avoir la chance du hasard des choses. Tout d'abord, voici un petit rappel du cycle biologique du mâle:

  • - La cellule d'un œuf mâle est environ 1/3 de fois plus grosse qu'une cellule d'abeille.
  • - La ponte d'un œuf non fécondé donne obligatoirement naissance à un mâle (parthénogenèse). Les mâles n'ont donc pas de "père" direct mais un "grand-père", ce qui est important de retenir (peu de consanguinité contrairement à ce qui se dit ou lit).
  • - L'œuf de mâle (comme l'œuf de femelle demande 3 jours pour éclore;
  • - La larve sera operculée 6 à 9 jours après l'éclosion de l'œuf;
  • - Le faux bourdon naîtra 21 jours après l'éclosion de l'œuf soit à partir du 24ème jour qui suit la ponte. Il est à noter que selon l'urgence et le besoin, le mâle peut naître 24 à 26 jours après la ponte.
  • - Il faudra compter une bonne quinzaine de jours pour qu'il commence à atteindre sa maturité sexuelle mais il ne devient vraiment fécond qu'à partir du 21ème jour.

Pourquoi est-il important de connaître ce cycle ?
Et bien tout simplement parce qu'au sein de la colonie, les abeilles, reine et mâles ont un cycle biologique différent et dont il faut absolument tenir compte quand on élève. Dans mon livre d'apiculture, découvrez comment calculer la date optimale pour la création d'essaims artificiels.

. Le rôle du faux-bourdon dans la colonie

Ne vous êtes vous jamais posé la question de savoir à quoi servaient les mâles dans la colonie ? Plus proche de nous, d'un point de vue humain, les femmes pourraient-elles se passer des hommes ? Et bien c'est sur ce comparatif que je me suis mis à étudier les différents avantages et inconvénients des mâles dans la colonie d'abeilles. Cette étude m'a demandé 4 années afin d'établir un fondement solide d'une "ruche qui marche bien".

Depuis les années 1850 (environ), les écrits sur l'apiculture laissent découvrir que le courant était plutôt axé sur l'évitement des mâles afin d'obtenir de meilleures productions et rapports "de rentabilité". C'est dans cette période là que les cires gaufrées vont faire le bonheur des premiers ciriers (producteurs de cire) qui avançaient en argument principal que pour les "cadres mobiles", un kilo de cire produite par les abeilles coûtaient en réalité 10 kilos de miel à l'apiculteur. Or, la quantité de cire d'une ruche (que ce soit ancestralement la ruche "l'Aumônière", une ruche Voirnot ou une ruche Dadant), contient 1 kilo de cire pour 10 cadres. Le second argument avancé était que cela permettait aux abeilles de s'économiser et donc de gagner du temps sur la construction des rayons.
Depuis, rien n'a changé dans la littérature car on trouve toujours ce genre d'arguments maintes fois compilés et répétés comme s'il s'agissait d'une vérité absolue dont nul besoin n'est de vérifier par soi-même !

Mais réfléchissons un instant. Celui qui n'a jamais vu s'établir un essaim vagabond (essaim non récupéré par un apiculteur) aura du mal à comprendre le degré de stress et d'urgence dans lequel se trouve l'essaim en partance pour d'autres contrées. Compte tenu en effet du très court temps de durée de vie qu'il reste à vivre aux abeilles qui ont tout à construire, tout à rétablir pour dresser une nouvelle colonie, il faut compter sur ce pouvoir magique qu'elles ont pour construire à une vitesse remarquable. En quelques heures, elles auront bâti un premier rayon qui va leur permettre de se décharger de leurs provisions emmagasinées juste avant leur départ de la ruche d'origine. Ce premier rayon de réserves va permettre à son tour de servir de réserves pour les abeilles cirières qui ont besoin de consommer beaucoup de sucre et d'eau pour produire des rayons de cire. Et c'est ainsi, qu'en quelques jours seulement, de nombreux rayons seront bâtis, que la reine aura à nouveau redéployé sa ponte et que la nouvelle colonie devra faire vite pour constituer ses réserves pour l'hiver et élever un maximum de jeunes abeilles.

Or, quand on observe de près les rayons construits par cet essaim, une chose passe souvent inaperçue: le pourcentage de cellules à mâles comparativement à celui des cellules de femelles. Celui-ci est compris entre 20 et 30% de cellules mâles. Mais alors, pourquoi construisent-elles ce type de cellules alors que l'essaim comporte une reine fécondée, avec laquelle les abeilles sont parties pour l'accompagner dans ce périple ? Pourquoi un certain nombre de mâles accompagnent l'essaimage ? S'il semble y avoir un instant précis où elles n'ont pas besoin de mâles, (les mâles ne participent pas à la construction) c'est bien à ce moment n'est-ce pas ? Pourtant, elles prévoient..
Certains apiculteurs rétorqueront que si elles construisent autant de cellules à mâles, c'est parce que la reine est vieillissante. Cet argument n'est pas juste car ce n'est pas la reine qui construit des cellules mais les abeilles ! D'autre part, comment expliquer que les abeilles disposant d'une jeune reine en fassent autant ? Ne faut-il pas voir par là un processus entièrement naturel et "inné" chez les abeilles ?

C'est sur ce précepte que j'ai développé la technique que j'ai nommée "Cadre à Jambage". Cette technique rend aux abeilles leur pouvoir et besoin naturel de construire les rayons de cire avec autant de cellules à mâles qu'elles le souhaitent où bon leur semble de les bâtir. Dans un premier temps, cette technique pourrait être controversée par des apiculteurs n'ayant jamais observé l'équilibre d'une colonie. Je me souviens encore de ma toute première réaction quand j'ai constaté que mon premier cadre à jambage construit dans la ruche était un cadre 100% constitué de cellules mâles. Et puis, en observant cette colonie, j'avais remarqué que 100% des cellules de l'ensemble des cadres n'étaient que des cellules à femelles. Bien sûr, ces cellules étaient imposées par la présence d'une feuille de cire gaufrée. Les abeilles s'étaient donc empressées de construire ce qui leur manquait. N'ayant pas voulu détruire ce qu'elles avaient construit, j'ai laissé faire. Et bien quelle ne fut pas ma surprise de constater cette année là que c'était la ruche qui avait produit le plus de miel (3 pleines hausses contre 1 à 2 sur les autres colonies).
Nouvelle réaction incrédule.. Je me suis dit qu'il s'agissait d'une pure coïncidence, d'un pur hasard..

En constatant la vitesse de construction par cette méthode, j'ai donc décidé d'étendre cette expérience à d'autres ruches... A chaque fois, je constatais qu'elles construisaient un certain pourcentage de cellules à mâles, pourcentage sensiblement identique d'une colonie à l'autre (Ce pourcentage varie de 20 à 30%). J'étais à deux doigts de laisser tomber cette voie quand en fin de saison je fis le constat suivant:

  • - D'une part, les cellules à mâles étaient remplies non pas de couvain mais de réserves de pollen et de miel
  • - Les mâles avaient disparu (chassés en fin de saison) comme dans toutes les colonies
  • - Pas de présence accrue de varroas comparativement aux colonies témoins
  • - Présence d'un couvain automnal plus important

Ce dernier point est on ne peut plus intéressant. En effet, alors que la population a fortement diminué à cause de l'élimination des mâles par les abeilles pour la préparation à l'hivernage, la reine compense par une ponte plus abondante en abeilles d'hiver, produisant ainsi une population forte pour traverser cette période dans la chaleur. Les mâles ne participant pas à la constitution de la grappe, les abeilles s'en débarrassent. Heureusement que nos femmes ne réagissent pas de la sorte !

En sortie de l'hiver suivant, je dressais un autre constat: J'avais moins de mortalité dans les colonies qui avaient été équilibrées naturellement en mâles comparativement aux colonies témoins.
Fort de ces observations, je décidais donc de poursuivre dans cette voie pour essayer de comprendre si tant est qu'il y ait quelque chose à comprendre. Cette année là, j'ai fait une découverte assez impressionnante. Au lieu de ne trouver des mâles que sur les cadres de rives ou sur les cadres de miel, ceux-ci étaient présents sur tous les rayons, tous autant affairés que les ouvrières. D'autre part, je fis le constat d'une baisse considérable de "l'agressivité" des abeilles: les colonies étaient sans conteste beaucoup plus douces. Parmi toutes les colonies chargées de 20 à 30% de cellules mâles (40 ruches au total), aucune n'a essaimé contre 3% des ruches témoins. Enfin, si les populations d'abeilles semblaient inférieures aux ruches témoins, elles confortaient le constat dressé l'année précédente concernant la production de miel avec une moyenne de plus d'une hausse chacune comparativement aux ruches témoins !

. Un constat positif

Les faux-bourdons ne font pas que gueuletonner mais ils contribuent à la stimulation des abeilles dans la ruche. Et si "en me faisant un film" les abeilles devenaient encore plus travailleuses pour satisfaire ces "Messeigneurs" ? De là, à penser qu'elles pourraient être plus amoureuses, il n'y a qu'un pas.. (SVP, gardez vos tomates mûres pour un peu plus tard)
En attendant, j'ai pu constater avec la technique des cadres à jambage, que mes abeilles ont produit plus de miel et qu'elles n'ont pas été touchées plus que les autres par le varroa. J'ai constaté également que les reines vivaient en moyenne une saison de plus que les ruches témoins, et cela s'explique parfaitement. En pondant d'avantage de mâles au cours de sa vie, la reine économise grandement sa spermathèque puisque les œufs mâles ne sont pas fécondés. Enfin, je puis affirmer maintenant que les cellules à mâles ne sont pas construites et rebutées dans le bas des cadres ou sur un bout de coté, mais là où les abeilles ont envie de les construire. Cela peut-être aussi bien en plein milieu du couvain femelles que sur un tiers du cadre, ce qui au fond, apporte de la chaleur au couvain d'abeilles. Les mâles jouent donc un rôle prépondérant dans la thermorégulation du couvain et contribuent à un équilibre remarquable des colonies.

Un tout dernier constat pour les plus aguerris à l'apiculture et qui mérite une nouvelle étude: Après deux générations stables, les abeilles "remèrent" par supercédure et non par essaimage, ce qui explique pourquoi nombre de mes clients constatent à un moment donné la présence de 2 reines au sein de la colonie sans que celle-ci n'essaime (!) Si cela n'est pas une preuve de stabilité, qu'est-ce alors ?

Afin de démonter cet argument qui dit qu'il faut 10Kg de miel aux abeilles pour bâtir 1 kg de cire et que cela constitue une perte importante pour l'apiculteur, la réalité est plus proche de 7kg que de 10 mais sans vouloir polémiquer, acceptons pour l'instant 10kg.. Cette quantité n'est pas une nécessité annuelle, mais au moment du démarrage de l'essaim. Plus tard, chaque année, vous devrez procéder au remplacement de 3 cadres par ruche afin de prévenir des maladies de l'abeille. Par conséquent, chaque année et sur la base indiquée plus haut, cela ne représenterait pas plus de 3 kg de miel (en réalité 2 tout au plus). Alors si pour 2 ou 3 kg de moins de production de miel par ruche, cela contribue à une meilleure prophylaxie, ce n'est pas cher payé pour conserver nos colonies en bonne santé ne trouvez-vous pas ? Maintenant, si vous êtes à un kilo près, je pense que nous n'avons plus grand chose à nous dire et que vous perdez votre temps sur ce site.

. Et la ruche Bourdonneuse dans tout cela ?

Rien à voir ! Une ruche dite bourdonneuse est une colonie qui a perdu sa reine ou sur le point de la perdre quand les abeilles ont décidé de ne pas profiter de la dernière ponte de celle-ci pour procéder à un remérage. Sur la fin de sa vie, la reine épuisée par de longues saisons de ponte qui ont eu raison de sa spermathèque, ne peut plus pondre d'oeufs fécondés mais seulement de mâles (oeufs non fécondés). Le couvain se vide dans ce cas là, ne laissant apparaître que du couvain mâle dans les cellules à mâles. C'est la différence avec une colonie qui devient bourdonneuse au sens où il s'agit d'une abeille qui suite à la disparition de la reine, prend sa place et se met à pondre.
Une abeille ne possède pas d'organes reproducteurs développés, aussi, puisqu'il lui est interdit et impossible de s'accoupler, elle ne peut-être féconde. Cependant, à la mort de la reine, une d'entre les abeilles de la colonie peut se mettre à pondre sans avoir été fécondée. Phénomène oblige, (que l'on nomme parthénogenèse), elle ne peut pondre que des oeufs mâles.
A la différence du 1er cas cité, c'est à dire à la fin de vie d'une reine, lorsqu'une abeille pond, elle le fait en général dans les cellules femelles. Un signe évident qu'il s'agit d'une abeille qui pond est que l'on peut apercevoir plusieurs oeufs dans une même cellule alors que contrairement à cela, une reine ne pond toujours qu'un seul oeuf par cellule et qui plus est, si elle pond des mâles, ce sera uniquement dans les cellules à mâles !.
D'autre part, pour un apiculteur qui ne visite pas ses colonies régulièrement, un autre signe permet de savoir qu'il n'y a plus de reine dans la colonie: Puisque l'abeille a pondu des oeufs mâles dans des cellules femelles, les abeilles vont procéder à la modification des structures de la cellule autrement dit, elles vont élargir les cellules pour les transformer, 1/3 plus grosses en cellules à mâles. La conséquence de cela est que les cadres sont déteriorés voire même fichus pour l'apiculteur qui se retrouvera avec une majorité de cadres à mâles.

On parle d'une ruche Bourdonneuse car en effet, la proportion de mâles dépasse la proportion d'abeilles, et de loin ! Puisque la ponte d'oeufs femelles n'est plus assurée et que la vie d'abeille est plus courte que la vie des mâles, cela explique le surnombre des faux-bourdons. Enfin, quand le Berger des abeilles prête une attention particulière au bruit qui monte de la ruche, il entend dès l'ouverture, un son différent de celui qu'il entend habituellement: un bourdonnement plus sourd. Les abeilles restantes ainsi, manifestent avec les faux-bourdons la disparition de leur reine un peu comme pour signaler leur stress. Elles ne sont alors que très exceptionnellement agressives, un peu comme si elles attendaient quelque chose de notre part.. oui mais quoi ?

Peut-on sauver une ruche bourdonneuse ?

Ma réponse est catégoriquement non ! Vous pouvez essayer d'introduire un cadre de couvain et de ponte fraîche d'une autre colonie mais il sera trop tard. Il ne sert à rien de tenter quelque chose car si vous maîtrisiez bien le cycle biologique des reines, des abeilles et des faux-bourdons, vous comprendriez de suite que ce n'est pas une opération viable, chronologie oblige.
C'est ce que j'ai pu démontrer au cours d'un stage de 2013 en tentant le tout pour le tout avec un groupe de stagiaires; Cette opération a quand même été un échec, ce qui était prévisible malgré le fait d'avoir mis toutes les chances du coté d'un éventuel redémarrage. Personnellement, je n'y croyais pas et j'ai expliqué le pourquoi des choses, mais devant l'insistance des stagiaires qui ne comprenaient pas mon point de vue, j'ai accepté de tenter quand même trop sentimental que je suis. Vous pourrez refaire cette expérience chez vous si vous pensez pouvoir réussir mais je pense que quand on sait faire un essaimage artificiel, il vaut mieux refaire un nouvel essaim que prélever inutilement un cadre dans une ruche pour essayer de faire remérer une colonie bourdonneuse.

Introduire une reine fécondée d'urgence?
Quand bien même vous disposiez d'une reine fécondée prête à être introduite, vous avez à peine 10% de chances de réussite. En effet, après avoir éliminé l'abeille "fausse reine" qui pond des mâles (et à condition que vous parveniez à le faire (voir paragraphe suivant)], il y a fort à parier que les abeilles vont accepter cette nouvelle reine dans un premier temps, mais dès que celle-ci aura pondu sur deux cadres, elles la tueront pour élever elles-mêmes leur propre reine ! Opération suicidaire pour les abeilles c'est certain car il y a de fortes chances pour que cette nouvelle reine, le temps qu'elle attaque sa ponte, ait une nimime chance de survie. N'oubliez pas que la population sera vraiment très faible. C'est pourquoi, je vous le conseille, "laissez tomber" mais par contre, sauvez vos cadres en les utilisant pour soutenir d'autres colonies !

Sauvez vos cadres !

Le problème par conséquent ne réside pas dans le fait de sauver la colonie mais plutôt de sauver et épargner les cadres tant qu'ils peuvent l'être. Pour ce faire, j'utilise une méthode qui peut sembler un peu "barbare" au premier abord mais qui en définitive va sauver la vie de très nombreuses abeilles.
Après avoir acquis la certitude que la ruche est bourdonneuse, je ferme la porte d'entrée de la ruche, je la déplace 3 bons mètres devant son emplacement d'origine, puis je sors les cadres un par un en secouant et brossant toutes les abeilles à terre de façon à débarrasser toutes les abeilles des cadres. Bien entendu, la plupart des abeilles vont immédiatement retourner à l'emplacement d'origine de leur ruche mais ne la trouvant plus, la plupart d'entre elles vont se précipiter vers la ruche la plus proche, pour les autres, elles se contenteront de voler en stationnaire devant la ruche, le temps que je finisse mon opération de secouage de tous les cadres. Puis, une fois le dernier cadre vidé, je chasse également toutes les abeilles qui sont restées dans la ruche en retournant celle-ci, m'assurant qu'il n'en reste plus une seule. Quand cette opération est faite, je replace tous les cadres dans la ruche et la referme aussitôt afin que les réserves constituées par les abeilles que je viens de chasser ne soit pas pillées. Comme mes ruches sont disposées assez proches les unes des autres, il est un spectacle à ne pas manquer. En effet, toutes les abeilles s'agglutinent maintenant sur la porte de la ruche la plus proche de leur ancienne demeure. Toutes ? non fort heureusement, nous allons voir pourquoi un peu plus loin.

Puisque je vais dresser un nouvel essaim artificiel sur une ruche qui me permet de le faire (voir les conditions impératives dans mon livre ou sur le cours par internet), je vais donc prélever 3 cadres dans cette ruche "donneuse" et je remplacerai les cadres prélevés par des cadres provenant de la ruche bourdonneuse. Ainsi, je n'affaiblis pas la ruche donneuse d'un essaim puisque je lui redonne des cadres déjà construits, qui plus est des cadres encore "chauds". Les abeilles qui se verront affecter ces cadres s'empresseront de les débrarrasser des jeunes larves mâles qui n'ont rien à faire dans des cellules femelles et grâce à cela, vous aurez sauvé vos cadres. Bien sûr et encore une fois, faut-t-il que l'essaimage artificiel que vous vous apprêtez à faire ne soit pas trop tardif en saison car n'oubliez pas le cycle biologique de la colonie (explications dans mon livre). Dans le cas contraire, vous stockerez ces cadres dans une pièce fraîche mais pas trop et bien aérée (il vaut mieux le grenier que la cave). Il vous serviront au printemps prochain, lorsque vous créerez vos essaims artificiels, ou bien en cadres d'accueil pour des essaims de capture etc..
Vous comprenez l'opération préalable de "secouage" de la ruche bourdonneuse et son utilité ? C'est ici que les conséquenses pourraient être dramatiques si je n'avais pas opéré ainsi car l'abeille-reine, celle qui pond des oeufs mâles, si elle pouvait voler et s'introduire dans une ruche de proximité pourrait très bien se battre avec la reine et la tuer. Il est donc impératif de réintroduire des cadres sans les abeilles, surtout quand on débute. En procédant de la sorte, vous vous assurez d'une totale réussite.
Le fait d'avoir chassé toutes les abeilles des cadres et de la ruche, par conséquent, aura empêché l'abeille-reine de retourner à la ruche car étant alourdie par le développement de sa ponte, elle est comme une reine, c'est à dire, incapable de voler sans avoir fait un régime. Elle restera donc quelque part dans les herbes où j'ai secoué les cadres et y finira les quelques heures qui lui restent à vivre. CQFD, j'ai ainsi sauvé toutes mes abeilles et mâles restants à l'exception de cette abeille spéciale pondeuse. Quant au phénomène d'acceptation des abeilles entre elles, ne vous inquiétez pas outre mesure ! Elles resteront agglutinées à la porte d'entrée de la ruche d'accueil jusqu'à ce qu'elles soient autorisées à entrer. Dans la réalité de terrain, seules les butineuses sont autorisées immédiatement à pénétrer dans cette ruche. Les autres elles, devront patienter quelques heures avant de recevoir "cette autorisation". Cette opération a plus de chances de réussite quand on la pratique en fin de journée.. Allez savoir pourquoi...
Résultat des courses: vous avez sauvé vos cadres et vos abeilles et vous allez obtenir un nouvel essaim, faut-il encore que ce soit dans la bonne fourchette de la saison. Si vous pratiquez cela en fin de saison, vous conserverez vos cadres bien à l'abri. Il vous serviront certainement lors de la préparation à l'hivernage. En effet, quand les ruches sont trop fortement remplies de provision, la reine n'aura plus suffisamment de place pour assurer sa ponte et cela risque fort de faire disparaitre la colonie pendant l'hiver faute d'une population suffisante. Aussi, l'échange d'un cadre plein contre un cadre vide, permetra à la reine de pondre. Il m'arrive parfois lors de cette période de devoir substituer 2 cadres de miel contre 2 cadres vides. Dans ce cas, je les place au centre du couvain et je donne les cadres de provisions exédentaires à des colonies plus faibles en réserves.
L'équilibrage des colonies est une étape très importante en fin de saison. Elle permet de répartir réserves et populations de façon à ce qu'un maximum d'entres elles puissent affronter les hivers longs et rigoureux. Personnellement, je pratique l'équilibrage à deux périodes de l'année. Au printemps et à l'automne. Cette année 2013, j'ouvre un stage spécifique en septembre pour expliquer toute la technique de cette pratique. Si vous êtes intéressé(e), n'hésitez pas à me le faire savoir car il n'y pas pas de page pour s'inscrire en ligne.

. Revenir sur des bases plus saines et plus naturelles ?

Ne réinventons pas la nature mais tout au plus, servons-nous en ! Dans la nature, les abeilles n'ont pas de feuilles de cires gaufrées à leur disposition et pourtant, elles construisent plus vite des rayons en permettant à la reine d'équilibrer naturellement sa ponte. De toutes manières, quand la population maximale de mâles est atteinte, (eux qui vivent toute une saison), la reine arrête sa ponte de mâles et les abeilles se servent alors des cellules à mâles vides comme zones de stockage. C'est un avantage énorme au moment fort de la miellée car au lieu de provoquer un blocage en ponte de la reine en remplissant les cellules du couvain, les abeilles stockent dans les cellules mâles ! c'est très certainement la raison de la dimminution des essaimages des ruches.

Depuis plusieurs années, je suis parvenu à stabiliser mes colonies, rendant mon apiculture oh combien plus agréable ! Bien sûr, cela ne me met pas à l'abri des utilisateurs de pesticides mais c'est tellement plus agréable de constater en sortie d'hiver un taux de mortalité naturelle inférieur à 3%.
Alors pratiquez comme vous l'entendez mais ne passez plus à coté des choses simples de la nature. Comme vous le lirez dans l'ensemble de mes écrits, je conseille toujours de ne pas débuter avec une seule ruche mais au minimum quatre. En effet, comment voulez-vous maintenir votre petit rucher si vous ne disposez que d'une seule ruche ? Venez faire un stage de formation pour apprendre ou pour découvrir comment vous sortir de la majorité des problèmes que nous rencontrons !
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